Platinum · Âme de la Rue
Épiméthée
Tout ce que la ville s’interdit finit dans sa boîte, et toute la ville fait la queue pour l’ouverture
« Ouvrir la boîte, c’était pas une bêtise. C’était une étude de marché. »
D’où il vient
Épiméthée a poussé sur les trottoirs de la Banlieue, entre les brocantes et les combines, avec pour tout héritage une boîte d’or ancienne qu’il porte à la ceinture et qu’on ne lui a jamais connue fermée tout à fait. D’où vient la boîte, d’où vient le gars — les deux questions restent ouvertes, comme le couvercle. Ceux qui prétendent l’avoir connu petit se contredisent sur le quartier, l’année et jusqu’à la couleur de ses yeux ; il encourage chaque version, par gourmandise. Ce qui est sûr : le jour où il a soulevé le couvercle en public, la rue entière s’est mise à espérer des choses qu’elle n’aurait jamais osé formuler.
Sa manière
Il travaille au ras du bitume, à l’ancienne : un coin de trottoir, un cercle de curieux, la boîte posée sur une caisse retournée. Ce qui en sort déclenche des frénésies — un parfum interdit, une rumeur, un objet qu’on croyait disparu — et les badauds se découvrent des générosités de grands soirs, tandis que les gens importants traversent la ville incognito pour venir voir de près. Il laisse chacun repartir avec un peu moins d’argent et un peu plus d’appétit, et garde le fond de la boîte pour lui : l’espérance, article de luxe, se vend uniquement au détail.
Ce qui le tient debout
Tout est jeu chez Épiméthée, y compris le sérieux : il organise sa vie comme une farce à tiroirs dont il est le seul à connaître le dernier. Aux heures creuses, il se glisse dans les endroits dont on lui a dit qu’ils étaient fermés — vernissages, arrière-salles, la cave de la Doyenne — pas pour voler, pour vérifier. Il en ressort toujours avec un truc pour la boîte et un nom pour son carnet : la ville est pleine de talents qui s’ignorent, et il adore présenter les gens à leur propre avenir.
Son école
Âme de la Rue
L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.
Son tempérament
La Farceuse
Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.



