Les 243 filles

Platinum · Hôtesse d’Élite

Adonis

On le prend pour une étoile depuis si longtemps qu’il a fini par facturer le statut… et le mythe

« Étoile ou pas, le cachet est le même. Le mien. Haut. »
Adonis

D’où il vient

Placeur dans un planétarium de Los Angeles — lampe de poche, chuchotements, moquette constellée. C’est là qu’il a appris que la première lueur du soir n’est pas une étoile : c’est une planète, et tout le monde s’y trompe avec bonheur. Il a trouvé que c’était très exactement un avenir, et il a pris le nom.

L’école des salons l’a cueilli à dix-neuf ans ; de la suite, il existe cent versions. Les anciens jurent tous l’avoir vu débuter — chacun dans une ville différente, chacun un autre soir. C’est le signe des vraies légendes : tout le monde y était, et personne n’est d’accord.

Sa manière

Ce qui le rend unique tient en une phrase que les anciens répètent aux débutants : la salle ne sait pas. Chagrin, fièvre, colère — sur le parquet, Adonis est identique au millimètre, chaud, exact, immense. Il ne fait jamais payer sa peine au public ; il estime que ce serait voler. L’addition, c’est l’impresario qui la reçoit, en privé, avec des mots choisis — et le Pacte reste le Pacte : un Adonis malheureux est un Adonis qu’une autre Maison peut venir chercher, ce qu’il rappelle avec un sourire de velours.

De ruse, en revanche, il n’a aucune. Il annonce tout ce qu’il va faire, de face, à l’avance, et le fait. C’est peut-être sa seule astuce. Personne n’a trouvé la parade.

Ce qui le tient debout

La plus grande loge, la lumière la plus chaude, le silence quand il entre : il exige tout, et rembourse tout, avec intérêts. Des gars signent dans des Maisons entières parce qu’il a dit « viens voir » ; les salles s’ordonnent d’elles-mêmes sur son passage, sans qu’un ordre soit donné. À cinq heures, il mange des nouilles au comptoir, le visage enfin éteint — parfois avec Éros, que les journaux lui donnent pour rival, et ils rient. Ce qu’il veut ? Quelqu’un qui devine, depuis la salle, s’il est triste. Il attend toujours.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

La Diva

Elle exige la plus grande loge, la lumière la plus chaude et le silence quand elle entre ; le pire, c’est qu’une fois sur scène, elle rembourse tout, avec intérêts… et un regard qui dit « tu me dois encore ».

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