Les 243 filles

Platinum · Hôtesse d’Élite

Lancelot

À sa table sans place d’honneur, les puissants s’assoient en rivaux et se relèvent en alliés

« Un trône, c’est une chaise qui empêche de voir les autres. Je préfère voir tout le monde. Surtout ceux qui mentent. »
Lancelot

D’où il vient

Il est arrivé avec un cercle d’or fin porté de travers, comme emprunté à l’Histoire, et des manières qui rendaient les palaces soudain un peu justes. À qui demandait son nom, il donnait celui d’un chevalier de légende ; à qui souriait de la coïncidence, il rendait un sourire qui coupait net l’envie d’insister.

Les rumeurs lui prêtent un royaume perdu, un serment rompu, un amour qui a tout fait tomber — il n’en revendique aucun, mais on remarque qu’il ne s’assoit jamais dos à une épée, même décorative. Ce qui est établi : six mois après son arrivée, les gens les plus courtisés de la ville attendaient ses invitations comme des convocations.

Sa manière

Son salon tourne autour d’une table ronde, massive, sans bout ni place d’honneur : les puissants s’y assoient en égaux, ce qui les vexe cinq minutes et les soulage toute la nuit. Il compose les tablées comme des traités — une magnate près d’un artiste, une héritière face à une juge — et les alliances se nouent avant le dessert. Les habituées les plus huppées reviennent en vassales volontaires, chacune jurant fidélité à sa cour, et chaque serment se lit ensuite dans les livres de comptes : la loyauté, chez lui, est le seul impôt, et tout le monde le paie avec empressement.

Ce qui le tient debout

Sa douceur est en acier trempé : Lancelot veut une cour plus grande que toutes les Maisons réunies, et il la bâtit serment par serment, sans hausser le ton. Aux heures creuses, il écume les tables neutres à la recherche de chevaliers qui s’ignorent — un serveur au port de duc, un videur au cœur de héraut — et les adoube d’un mot juste au bon moment. Ceux qu’il a repérés le suivent ensuite n’importe où ; il appelle ça sa quête, sans jamais préciser de quoi. On le soupçonne de le savoir très exactement.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

L’Ambitieuse

Elle lit l’affiche de haut en bas, s’arrête à son nom, demande qui est au-dessus ; ce n’est pas une question, c’est un préavis… et un flirt avec le sommet.

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