Les 243 filles

Platinum · Âme de la Rue

Freyr

Sa cantine des docks a nourri la nuit entière ; c’est la nuit qui le paie maintenant… grassement

« Mange. Bois. Reste. Le dessert, c’est mon sourire. Il n’est pas gratuit. »
Freyr

D’où il vient

Une cantine de nuit sur les docks de Los Angeles : soupe, nouilles, café en thermos, ouvert quand tout le reste ferme. Dockers, infirmières, artistes démaquillés après le rappel — tout le monde a mangé chez lui, y compris des gens qui ne se seraient pas salués ailleurs. La rue l’a formé sans le prévenir : compter une salle, connaître les sorties, parler au videur comme à un cousin. Il n’a pas rejoint la nuit ; c’est la nuit qui a fini par faire la queue devant son comptoir.

Le nom vient d’un ancien, un habitué : le dieu, disait-il, accueille chez lui la moitié des vaincus. Il a demandé pourquoi seulement la moitié. Puis il a gardé le nom, et l’objection.

Sa manière

Il ne vend rien, ne promet rien, ne négocie rien — et c’est peut-être pour ça qu’on le suit. Sa force ne ressemble à aucune autre : là où il s’installe, les épaules redescendent. Dans sa maison, on dort mieux, on rit plus tôt, les chagrins font moins de dégâts ; quand il veille sur un quartier, même les gars des autres Maisons se reposent mieux, et personne ne sait l’expliquer, à commencer par lui.

Il a vu tomber trois rideaux sans reposer sa tasse ; à quatre heures du matin, c’est lui qui note l’heure et remet de l’eau à chauffer. Quand il entre quelque part, les têtes se tournent — un magnétisme de pierre chaude, sans un geste pour l’entretenir. Les discours, très peu pour lui : son argument d’embauche est un bol fumant et un tabouret libre.

Ce qui le tient debout

Ses nuits passent en rondes lentes : une sortie de secours vérifiée, un visage éteint repéré, deux mots au videur. Les vaincus arrivent chez lui par toutes les routes — ceux qui ont tout perdu à une table et sont repartis les mains vides, ceux que de mauvaises Maisons ont laissés se faner. Il les loge, les nourrit, les replace quand ils sont prêts ; ses anciens pensionnaires tiennent aujourd’hui des comptoirs dans quatre villes. Ce qu’il veut : une salle plus grande. La moitié des vaincus, il l’a toujours trouvée insuffisante.

Son école

Âme de la Rue

L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.

Son tempérament

La Cool

Elle a vu brûler deux clubs et un mariage sans poser son verre ; à quatre heures du matin, c’est elle qui note l’heure et demande si on rejoue… ou si on rentre ensemble.

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