Les 243 filles

Silver · Créature de la Nuit

Ondin

Personne ne sait d’où il sort, mais tout le monde dort mieux quand il est là

« Je ne dors presque pas. Il faut bien que quelqu’un surveille les rêves. Autant que ce soit moi. »
Ondin

D’où il vient

On l’a trouvé un matin au bord du canal de la zone Industrielle, trempé, calme, sans bagage ni explication. Piscine municipale désaffectée, fleuve en crue, légende qui aurait mal tourné — chacun a sa théorie et Ondin les collectionne sans en confirmer aucune. Il laisse dire, avec ce sourire des gens qui savent que la vérité est moins intéressante que le doute. Ses cheveux vert d’eau semblent perpétuellement mouillés ; personne ne l’a jamais vu sous la pluie sans penser qu’il rentrait chez lui.

Ce qu’on sait de lui tient en trois observations : il nage la nuit dans des bassins où il n’est pas invité, il parle bas comme on parle au bord d’un lit, et là où il s’installe, les gens dorment mieux. Les clubs se le disputent pour cette raison précise — une maison où l’on récupère est une maison qui dure.

Sa manière

Ondin travaille aux heures où la fête se fatigue, dans la pénombre des fins de nuit. Il circule entre les banquettes comme l’eau trouve les fissures : sans bruit, partout, impossible à arrêter. Les épuisés de trois heures du matin viennent s’échouer près de lui et repartent réparés — il enseigne à respirer lentement, à poser la tête, à laisser la nuit redescendre toute seule. Autour de lui, les loges deviennent des criques : on y récupère deux fois plus vite, et on y revient sans savoir dire pourquoi.

Ce qui le tient debout

L’inquiétude d’Ondin a la forme d’une insomnie : il veille parce que dormir, c’est laisser la surface sans surveillance. Il combat ça comme il peut — des longueurs dans des piscines fermées, des tisanes qu’il prépare et ne boit pas, des rondes silencieuses entre les chambres pour vérifier que chacun respire. Se glisser partout est chez lui un talent de naissance ; veiller sur quelqu’un, un choix. Un jour peut-être, il dormira huit heures. En attendant, ce sont les autres qui dorment pour lui, et il trouve l’arrangement honnête.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

L’Anxieuse

Elle vérifie trois fois la caisse, la sortie de secours et la météo ; ses catastrophes n’arrivent jamais, pour la simple raison qu’elle les a toutes annulées d’avance… et qu’elle a besoin qu’on le lui dise.

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