Les 243 filles

Bronze · Créature de la Nuit

Mysto

Le jour, il s’inquiète de tout ; la nuit tombée, c’est le reste du monde qui a l’air perdu… et un peu séduit

« Le soleil me stresse : trop de témoins, pas assez d’ombre. Réveillez-moi à vingt-deux heures. Avec du style. »
Mysto

D’où il vient

Mysto a grandi à contretemps, dans une famille de la nuit — mère infirmière de garde, père boulanger de quatre heures. Chez eux, on dînait à l’aube et on chuchotait à midi. Le monde du jour l’a toujours inquiété : trop de bruit, trop de lumière, trop de gens qui vous regardent. Il a essayé les horaires de bureau ; on l’a retrouvé trois fois endormi dans la réserve.

Puis il a poussé la porte d’un after de la Zone Industrielle, un jeudi vers trois heures, et tout s’est mis d’aplomb : le tempo, la pénombre, les visages fatigués et francs. L’école du dancefloor l’a adopté sur place. Il n’a jamais revu un matin en face.

Sa manière

Passé vingt-deux heures, Mysto change d’état. La silhouette se déplie, le regard s’allume, et la salle entière se met à pencher vers lui, sans s’en rendre compte. Il ne parle presque pas — au micro, jamais ; aux clientes, trois mots ; c’est le corps qui converse, et il a de la conversation.

Ses gains font le grand écart entre les heures : mettez-le en piste en journée, vous aurez un jeune homme poli qui regarde la porte ; offrez-lui la nuit pleine, vous aurez le numéro dont tout le quartier parle au petit matin. Son inquiétude ne disparaît pas pour autant : elle devient un instrument. Mysto a vérifié les sorties, compté la salle, repéré les visages nouveaux — avant même d’entrer en piste. Il danse tranquille parce qu’il a tout prévu, y compris vous.

Ce qui le tient debout

Ce qui le tient debout à quatre heures, c’est que quatre heures est son midi. Pendant que les autres luttent, Mysto entame sa meilleure forme et vérifie ses listes : la caisse, l’issue de secours, la météo de la marée. Ses catastrophes n’arrivent jamais — il les a toutes annulées d’avance. Hors travail, il traîne dans les établissements des autres, jamais remarqué, toujours renseigné : qui embauche, qui triche, qui laisse son monde malheureux. Il rapporte, à voix basse. Ce qu’il veut : un after à lui, sans fenêtres, où le matin n’aurait légalement pas le droit d’entrer.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

L’Anxieuse

Elle vérifie trois fois la caisse, la sortie de secours et la météo ; ses catastrophes n’arrivent jamais, pour la simple raison qu’elle les a toutes annulées d’avance… et qu’elle a besoin qu’on le lui dise.

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