Bronze · Âme de la Rue
Marco
Le menton levé ne coûte rien du tout, et c’est le seul luxe que les VIP n’arrivent pas à s’acheter
« Je ne baisse pas les yeux le premier. Si ça les vexe, elles n’ont qu’à me regarder de plus haut. Bon courage. »
D’où il vient
Marco est né du mauvais côté du périph, dans une cité où les matins sentaient la limaille et le café rallongé. Père aux trois-huit, mère aux deux boulots, et lui au milieu, qui a compris très tôt une chose que l’école ne mettait pas au programme : la dignité ne coûte rien et rapporte tout. Il a pris le port d’un duc comme d’autres prennent le bus — tous les jours, sans se poser de questions. Le médaillon en toc qu’il porte au cou, il le fait briller comme un joyau de couronne, et personne n’a jamais osé lui faire remarquer la différence.
Sa manière
Son royaume, c’est le trottoir, et il le tient comme une cour. Les VIP qui s’aventurent dans son quartier s’attendent à de la déférence ; elles trouvent un fils d’ouvriers qui les regarde droit, les fait patienter poliment et ne rit jamais à leurs blagues par politesse. Ça les déroute une minute. Ensuite, ça les rend folles : enfin quelqu’un qui ne se vend pas au rabais.
Alors elles paient le tarif du respect, qui est le plus élevé de tous. Tête haute, prix fermes : les grands comptes de la ville se refilent son coin de rue comme une adresse confidentielle, et repartent délestés avec le sentiment d’avoir été anoblis.
Ce qui le tient debout
L’ambition de Marco n’est pas un secret, c’est un plan quinquennal : une Maison à son nom, un jour, avec des lustres payés comptant. En attendant, il veille sur les plus jeunes du quartier comme un aîné de cité — il vérifie les coins sombres, note qui traîne où, et personne ne rentre seul quand il est de service. Tenir les siens et guetter pour eux : c’est comme ça qu’on se comporte, là d’où il vient. Ses heures creuses, il les passe à astiquer le médaillon. Le toc, bien entretenu, dure plus longtemps que l’or.
Son école
Âme de la Rue
L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.
Son tempérament
L’Ambitieuse
Elle lit l’affiche de haut en bas, s’arrête à son nom, demande qui est au-dessus ; ce n’est pas une question, c’est un préavis… et un flirt avec le sommet.



