Les 243 filles

Silver · Hôtesse d’Élite

Lagon

L’eau de sa piscine coûte plus cher que le champagne, et personne n’a jamais osé demander de remise

« Non, la piscine n’est pas froide. C’est vous qui êtes en avance sur l’invitation. »
Lagon

D’où il vient

Lagon a d’abord été maître-nageur dans un hôtel de la Rue de la Soif, du temps où il surveillait des bassins où personne ne se noyait jamais que dans les cocktails. Un été, la direction a voulu lui faire payer son uniforme ; il a rendu le sifflet, gardé les lunettes de soleil et loué au dernier étage d’une tour un appartement dont le seul meuble sérieux est une piscine à débordement tournée vers les néons. Puis il a fait passer le mot : l’eau est privée, la vue aussi, et lui-même encore davantage.

Sa manière

Son lagon privé fonctionne comme les meilleurs salons : sur invitation, en petit comité, dans un luxe qui ne crie jamais. Les VIP y montent pour tremper un orteil et redescendent délestées comme après une semaine de palace — il facture le transat, le silence, l’angle de vue sur la ville, et fait payer l’ensemble au tarif du souvenir plutôt qu’à celui de la prestation. Son verre turquoise à ombrelle n’est jamais terminé : tant qu’il reste une gorgée, l’invitation tient, et chacune paie pour que la gorgée dure.

Ce qui le tient debout

L’orgueil est son gilet de sauvetage : Lagon ne doute pas, il attend que le monde se mette à niveau. Aux heures pâles, il nage seul ses cent longueurs, lunettes sur les yeux, et passe en revue sa petite cour — qui a progressé, qui flanche, qui mérite un transat plus près du bord. Les gars qu’il prend sous son parasol apprennent à se tenir droits dans le luxe sans s’y dissoudre ; il repère d’un regard ceux qui savent flotter, et pousse gentiment les autres à apprendre.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

La Diva

Elle exige la plus grande loge, la lumière la plus chaude et le silence quand elle entre ; le pire, c’est qu’une fois sur scène, elle rembourse tout, avec intérêts… et un regard qui dit « tu me dois encore ».

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