Les 243 filles

Bronze · Créature de la Nuit

Disco

Sous sa boule à facettes, tout le monde brille ; pendant que tout le monde brille, il voit tout — surtout vous

« Danse, mon chou. Moi, pendant ce temps, je regarde qui entre, qui sort, et qui te regarde. »
Disco

D’où il vient

Disco a grandi dans un roller disco de Banlieue, derrière le comptoir de location où sa mère alignait les patins par pointure. Il a appris à rouler avant de courir, et surtout il a découvert le secret du milieu de piste : dans les facettes de la grande boule, on voit toute la salle à la fois — la caisse, les portes, les mains dans les poches des autres. À douze ans, il signalait les pickpockets d’un coup de menton. À seize, ils le payaient pour aller patiner ailleurs.

Quand le roller a fermé — transformé en supérette, un néon OPEN par-dessus les fantômes — il a décroché la boule à facettes lui-même, une nuit, avec une échelle empruntée. L’école du dancefloor l’a recueilli en Zone Industrielle, patins aux pieds, la boule sous le bras, et personne n’a posé de question : on reconnaît les siens.

Sa manière

Entre vingt-deux heures et six heures, Disco est un roi en orbite : il patine à travers la salle, paillettes au vent, et tout le monde se met à briller — les clientes dépensent mieux quand elles scintillent, c’est une loi du métier. Mais pendant que la salle brille, il regarde : dans les facettes, les reflets, les vitres, il suit qui entre, qui sort, qui parle à qui près de la caisse. Les patrons l’interrogent à l’aube, et son rapport vaut celui d’une caméra — en plus drôle.

Ses farces roulent avec lui : des sequins collés sur le videur, un disque échangé au bon moment, une cliente endormie qui se réveille pailletée avec une couronne en carton. En revanche, quand la lumière générale s’allume — fin de soirée, panne, rideau — le roi cale net : sang-froid en chute libre, patins qui butent sur le plat, voix qui cherche la sortie. Il lui faut la boule qui tourne. Sous un éclairage de supérette, dit-il, il redevient un gamin qui a perdu son roller.

Ce qui le tient debout

À quatre heures du matin, Disco distribue les patins : la dernière heure se danse à roulettes, c’est sa règle, et personne ne s’endort sur huit roues. Ses soirs de repos, il visite les clubs des autres pour « vérifier les plafonds » — il jauge une Maison à sa boule à facettes, et rapporte au passage tout ce que les reflets lui ont montré. Sous son lit, enveloppée dans un drap, il y a la grande boule du roller de Banlieue. Son rêve ne se cache pas mieux que lui : rouvrir la salle, raccrocher la boule, et faire payer l’entrée à la supérette.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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