Bronze · Hôtesse d’Élite
Astor
Le salon pétille, il inventorie ; quand il repose sa coupe, quelqu’un a déjà eu tort
« Je ne suis pas froid. Je suis à température de service. »
D’où il vient
Astor a grandi tout au nord, dans un palace posé entre deux fjords, où sa mère tenait la lingerie et l’argenterie. Son premier métier fut de compter : les fourchettes, les clés, les bouteilles de la cave, les promesses des clientes de la suite royale. Quand le palace a fermé, il est descendu vers le sud avec une valise, deux boutons de manchette taillés comme des stalactites et une certitude : tout ce qui brille se compte, et tout ce qui se compte finit par manquer à quelqu’un.
Sa manière
Il travaille dans les salons où l’on parle bas et où l’on dépense fort. Debout près des VIP, coupe à la main, il ne cille jamais : il compte. Les sorties, les verres, les mains baladeuses, les allers-retours vers le vestiaire. On le croit décoratif ; il est comptable de la soirée entière, et son relevé vaut plus cher que celui de n’importe quel guetteur de la ville.
Rien ne fond sous son regard, et surtout pas les excuses. Quand un gars de la Maison dérape, Astor n’élève pas la voix : il pose sa coupe, incline la tête d’un demi-degré, et la soirée se remet d’équerre toute seule. Les habituées des salons ont un nom pour ça, le coup de givre. On ne sait pas si c’est de la discipline ou de la météo, et personne n’a très envie de vérifier.
Ce qui le tient debout
Son flegme n’est pas une armure, c’est un climat. Astor dort peu, nage dans l’eau froide du port avant l’aube, repasse ses chemises de smoking comme on affûte un outil. Rien ne l’impressionne, parce qu’il a déjà tout inventorié, y compris le pire. Si un jour la Maison a besoin d’yeux qui ne clignent pas sur un toit du Centre-ville, il prendra la garde sans poser une seule question — et rendra un rapport si précis qu’on jurera qu’il a vu la scène de l’intérieur.
Son école
Hôtesse d’Élite
L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.
Son tempérament
La Cool
Elle a vu brûler deux clubs et un mariage sans poser son verre ; à quatre heures du matin, c’est elle qui note l’heure et demande si on rejoue… ou si on rentre ensemble.



