Les 243 filles

Silver · Créature de la Nuit

Belladone

Tout est affaire de dose : elle soigne, elle endort, elle encaisse — dans cet ordre

« La différence entre un remède et un poison ? Moi. Je suis la posologie. »
Belladone

D’où elle vient

Belladone a grandi dans la serre de sa grand-mère, une herboriste que le quartier consultait avant le médecin et parfois à sa place. On y apprenait les plantes par leurs deux visages : celle qui calme la toux et arrête un cœur, celle qui embellit le regard et brouille la vue. La petite pesait les doses sur une balance de laiton pendant que la vieille répétait son unique commandement — ce n’est jamais la plante qui tue, c’est la main qui se trompe. Belladone ne s’est jamais trompée.

La serre existe toujours ; c’est elle qui la tient désormais, la nuit, entre deux engagements. On n’y cultive officiellement que des plantes qui soignent à petite dose, et officieusement rien d’autre — la nuance fait toute la différence, et toute sa réputation.

Sa manière

Quand Belladone mène une expédition, il ne se passe rien : c’est sa signature. Pas d’alarme, pas de poursuite, pas de représailles — les conséquences s’endorment avant d’être nées, comme le chien de garde qui a trouvé sa gamelle étrangement délicieuse. Elle prépare chaque sortie en apothicaire, au milligramme : qui dort à quelle heure, qui oublie quoi, quelle rancune il faudra apaiser et avec quelle tisane. Les filles qui sortent sous ses ordres reviennent en ayant appris quelque chose, et les maisons visitées mettent des semaines à comprendre qu’elles l’ont été.

Ce qui la tient debout

L’ambition de Belladone pousse comme ses plantes : lentement, à l’ombre, dans une direction très précise. Elle veut devenir celle qu’on consulte — pas la plus riche ni la plus vue, la plus indispensable, celle dont le carnet d’adresses est une pharmacopée. Aux heures creuses, elle arrose, taille, étiquette, et transmet ses recettes à une seule élève à la fois, jamais la formule entière, jamais à la même. La confiance aussi se distribue en petites doses ; c’est pour ça que la sienne fait de l’effet.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

L’Ambitieuse

Elle lit l’affiche de haut en bas, s’arrête à son nom, demande qui est au-dessus ; ce n’est pas une question, c’est un préavis… et un flirt avec le sommet.

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