Les 243 filles

Gold · Reine du Comptoir

Vermeil

Son rire remplit la salle, sa timbale se remplit toute seule — cherchez le rapport, vous paierez la tournée

« Sous l’or, il y a l’argent. C’est de la métallurgie de comptoir, et j’ai eu mention très bien. »
Vermeil

D’où il vient

Vermeil descend d’un arrière-grand-oncle orfèvre qui dorait l’argenterie des grandes maisons — et qui, disait-on en famille, rendait les couverts un poil plus légers qu’il ne les recevait. De lui, il tient la timbale de vermeil cabossée, les taches de rousseur dorées et la leçon fondatrice : la dorure n’est pas un mensonge, c’est un supplément d’âme facturé. Il a grandi dans les arrière-salles de la Rue de la Soif, à écouter rire les serveurs et compter les caisses, et il a choisi son camp très tôt : celui qui rit ET qui compte.

Sa manière

Au comptoir, il sert les généreuses dans la timbale de famille — un honneur, précise-t-il, réservé aux belles âmes. L’honneur rend prodigue : on offre une tournée pour le voir rire, une deuxième pour l’entendre encore, et chaque pièce lancée dans son tiroir revient au centuple sans que personne sache exactement par où. Les habituées, elles, ont droit au clin d’œil et au verre marqué à leur nom, ce qui les attache plus sûrement qu’une ardoise.

Le rire de cuivre est sincère, c’est le plus déroutant. Il s’amuse vraiment, il calcule vraiment, et les deux opérations tournent en même temps sans se gêner — comme une caisse enregistreuse installée dans un feu de cheminée.

Ce qui le tient debout

Tout est jeu, y compris le sérieux : il tient des paris absurdes avec lui-même — faire chanter la cliente la plus triste avant minuit, resservir une avare à l’œil sans qu’elle proteste. Ses heures creuses, il les passe à polir la timbale et à visiter les bars des autres sous des prénoms d’emprunt, pour goûter, comparer, et repartir avec deux idées et parfois un futur collègue repéré entre deux services. Il appelle ça de la veille concurrentielle ; la concurrence appelle ça autrement, mais toujours en riant, c’est le plus vexant.

Son école

Reine du Comptoir

Le comptoir est une école de mémoire et de patience. On y apprend les prénoms, les commandes, les chagrins ; l’art de transformer un inconnu en habitué et un habitué en famille. On y apprend surtout à écouter — vraiment, en essuyant un verre, sans jamais avoir l’air d’attendre la fin. Ce qu’on y perd : ses soirées, et l’illusion que les gens sont compliqués. On reconnaît une Reine du Comptoir à ceci : elle essuie ce qui est déjà propre, se souvient de ta commande d’il y a deux ans, et ferme la caisse sans la regarder… pendant que tu la regardes, toi.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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