Les 243 filles

Bronze · Créature de la Nuit

Trix

Il triche cartes sur table, prévient tout le monde, et les poches se vident quand même en applaudissant

« Je préviens toujours que je vais tricher. Après, techniquement, c’est plus de la triche, c’est du spectacle. »
Trix

D’où il vient

Trix a appris la magie dans les files d’attente des clubs de la Rue de la Soif, le seul public captif de la ville. Trois cartes, un bob violet et des gens qui s’ennuient debout : il n’en fallait pas plus. Le videur du premier club le chassait ; celui du deuxième pariait sur lui ; au troisième, on le laissait entrer gratuitement pour qu’il chauffe la salle. Il n’a jamais payé une entrée depuis.

Son as de cœur vient d’un jeu confisqué par une patronne de tripot qui lui avait interdit de revenir. Trix est revenu le lendemain, déguisé, a gagné le tournoi maison et a rendu tout l’argent contre le droit de garder la carte. La patronne l’a mis dehors en riant ; ils se saluent encore, de loin, comme deux escrocs qui se respectent.

Sa manière

Il opère au cœur des pistes de danse, dans cette pénombre stroboscopique où personne ne voit jamais rien venir. Une fêtarde applaudit son tour de cartes, paie sa tournée, redemande, repaie ; à la fin de la nuit, elle a dépensé le triple de son budget et elle est ravie. Le vrai tour de passe-passe n’est pas dans la manche : c’est qu’elles reviennent chaque semaine réclamer le même numéro, en amenant des copines. Il escamote l’addition mieux qu’une pièce, et la seule chose qu’il rende jamais, c’est le sourire.

Ce qui le tient debout

Un jeu permanent : Trix ne s’arrête jamais de jouer, il change juste de public. Aux heures creuses, il fait des tours aux pigeons du square — les oiseaux, pas les clientes — et s’entraîne à faire disparaître des objets de plus en plus gros, au grand désespoir du mobilier. Le jour où on l’enverra dans l’ombre, il n’aura même pas besoin de s’adapter : se glisser quelque part sans invitation, c’est juste un tour de cartes à l’échelle d’un immeuble.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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