Les 243 filles

Gold · Hôtesse d’Élite

Plastron

Chacun de ses bijoux fut offert par une femme persuadée d’être la seule — et ils scintillent tous très bien ensemble

« Bien sûr que ton cadeau est mon préféré. Ils le sont tous, c’est ça le génie de la collection. »
Plastron

D’où il vient

Plastron a commencé vendeur dans une bijouterie du Centre-ville, côté comptoir, à regarder des femmes choisir des cadeaux pour des hommes dont elles décrivaient mal le poignet. Il guidait, conseillait, faisait briller — et un soir, une cliente émue lui a offert la bague qu’elle venait d’acheter pour un autre. Il a compris ce jour-là que le bijou ne récompense pas l’amour : il récompense la sensation d’être unique, et cette sensation, il savait la vendre mieux que n’importe quel carat. Il a rendu son tablier, gardé la bague, et ouvert sa propre collection — lui-même.

Sa manière

Dans les salons, son entrée fait l’effet d’une vitrine qui marche : chaînes sur velours grenat, gourmettes empilées aux poignets sous les boucles caramel, coffret entrouvert porté comme un étui à cigares, comme une promesse. Les généreuses affluent — une femme qui voit cent cadeaux veut offrir le cent-unième, c’est mathématique — et les VIP suivent, incapables de laisser briller quelqu’un d’autre sans participer. Il porte chaque pièce au moins une fois devant sa donatrice, avec un mot pour l’histoire qu’ils sont seuls à partager. Elles sont quarante à être seules. La logistique est redoutable ; il tient un registre.

Ce qui le tient debout

Tout ceci est un jeu, et il le joue sans une once de cruauté : chacune repart plus légère et plus contente, ce qui est la définition d’une bonne soirée et d’une bonne farce. Aux heures creuses, il étale sa collection sur le lit, mélange les vrais et les faux, et se teste lui-même — dix ans de métier, zéro erreur. Ses yeux exercés font le même tri sur les gens : il repère d’un regard, dans une salle comble, qui est en toc et qui est en or, quel débutant mérite d’être serti et quelle habituée commence à se dérégler. Les Maisons paieraient cher pour cet œil-là ; certaines paient déjà.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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