Les 243 filles

Gold · Reine du Comptoir

Lingot

Autour de lui, les Généreuses se découvrent des gisements ; il mord chaque pièce, et chaque pièce se laisse faire.

« Sois généreuse, cow-girl. La chance adore les gens qui creusent. »
Lingot

D’où il vient

La légende familiale tient en une phrase : l’arrière-grand-père a trouvé de l’or, l’arrière-grand-mère a trouvé l’arrière-grand-père, et la famille vit depuis sur le second filon. Lingot a grandi derrière le comptoir du bar familial, un saloon d’opérette en Banlieue où le décor était faux mais la caisse très sérieuse. C’est là qu’il a tout appris : les prénoms, les tournées, l’art de faire chanter une cliente timide et payer une cliente chantante. Le soir où un Boss de passage a laissé un pourboire déraisonnable juste pour le voir mordre le billet — il l’a mordu ; il était vrai ; le Boss aussi — le saloon a perdu sa pépite.

Sa manière

Il travaille à la joie, qui est le métal le plus conducteur du métier. Un faux cafard dans le bac à glaçons, un surnom pour chaque habituée, un fou rire lancé au bon moment comme une dynamite de prospection : ça dégage la roche, et derrière la roche il y a le filon. Les timides deviennent bavardes, les bavardes deviennent généreuses, et les généreuses — c’est sa spécialité — deviennent légendaires.

Le milieu appelle ça le jackpot : une Généreuse qui passe la soirée dans son périmètre repart plus légère d’un bon tiers, et revient la semaine suivante raconter partout à quel point c’était une affaire. Le tour de main est invisible : il ne demande jamais rien, il célèbre — chaque billet est un exploit, chaque tournée une découverte historique, et la femme qui paie se sent orpailleuse plutôt que cliente. Aux nouveaux de l’écurie, il apprend le geste fondamental du comptoir : faire briller ce qu’on veut voir sortir des poches.

Ce qui le tient debout

Un optimisme de prospecteur : le filon existe, c’est prouvé, puisqu’il l’a déjà trouvé deux fois. Il garde sur lui la première pépite de la famille — fausse, tout le monde le sait, lui le premier — et la fait mordre aux nouvelles recrues en guise de test d’embauche : ceux qui rient sont pris, ceux qui vérifient aussi, mais à la comptabilité. Ce qu’il veut : un saloon à son nom où le décor serait faux, l’or vrai, et la file d’attente assez longue pour qu’on s’y raconte sa légende en attendant.

Son école

Reine du Comptoir

Le comptoir est une école de mémoire et de patience. On y apprend les prénoms, les commandes, les chagrins ; l’art de transformer un inconnu en habitué et un habitué en famille. On y apprend surtout à écouter — vraiment, en essuyant un verre, sans jamais avoir l’air d’attendre la fin. Ce qu’on y perd : ses soirées, et l’illusion que les gens sont compliqués. On reconnaît une Reine du Comptoir à ceci : elle essuie ce qui est déjà propre, se souvient de ta commande d’il y a deux ans, et ferme la caisse sans la regarder… pendant que tu la regardes, toi.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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