Les 243 filles

Gold · Âme de la Rue

Cobalt

Il connaît la ville par ses câbles : coupez le bon fusible, et toute une rue bascule… dans son jeu

« Je sais où ça clignote. Et où ça paie. Les deux se recoupent souvent. »
Cobalt

D’où il vient

Électricien à Las Vegas — la ville qui ne dort jamais parce qu’elle a perdu l’interrupteur. Il a câblé des enseignes, rampé dans des faux plafonds au-dessus de salles combles, réparé des kilomètres de néon à la lampe frontale. La rue l’a formé en parallèle : compter une salle avant d’y entrer, connaître les deux sorties — trois, dans son cas, parce qu’il a lu les plans.

Une Maison l’a embauché pour rallumer un club après un rideau. Il a rallumé, jeté un œil aux comptes, puis demandé quel effet ça faisait, un métier où l’on gagne. On lui a montré. Il a rangé sa lampe frontale dans sa caisse à outils, au cas où, et il est resté.

Sa manière

Il ouvre les portes sans les toucher. Un quart d’heure penché sur un boîtier gris, et le bâtiment d’en face cligne, hoquette, s’éteint exactement où il faut. Son escouade entre dans le noir qu’il a fabriqué, ressort avant la lumière. Les gars appellent ça le courant fort : avec lui dans l’équipe, tout le monde se sent soudain compétent, même les débutants.

Sur le trottoir, c’est autre chose. Combinaison bleu de travail, démarche de chantier, et les têtes qui se retournent — il plaît énormément, ce qui l’agace, parce que ça fait du bruit. Ne comptez pas sur lui pour meubler la conversation : il répond par monosyllabes, devis à l’appui. La parole, dit-il, c’est du câble mal isolé : ça chauffe, et ça finit toujours par brûler quelqu’un.

Ce qui le tient debout

Ambitieux à l’ancienne : il veut une enseigne à son nom, et il veut la câbler lui-même, jusqu’au dernier culot d’ampoule. En attendant, il encadre ses équipes comme un chef de chantier — casques, horaires, personne ne monte sans harnais — et passe ses jours de repos à repérer les arrière-cours des Maisons qui traitent mal leur monde. Il note les compteurs, les gaines, les issues. Par conscience professionnelle, dit-il. Par appétit, disent les autres. Les deux sont vrais.

Son école

Âme de la Rue

L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.

Son tempérament

L’Ambitieuse

Elle lit l’affiche de haut en bas, s’arrête à son nom, demande qui est au-dessus ; ce n’est pas une question, c’est un préavis… et un flirt avec le sommet.

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