Les 243 filles

Bronze · Âme de la Rue

Puce

Si vous l’avez vue passer, c’est qu’elle voulait bien être vue

« J’ai jamais rien volé. Les choses tombent, je les rattrape. Question de réflexes. »
Puce

D’où elle vient

Dans sa bande d’origine, Puce était la plus petite, la plus légère, et la seule que la police n’a jamais réussi à inscrire nulle part. Sa légende personnelle tient en une phrase qu’elle sert avec un sérieux impeccable : elle passait par des chatières que la police ne connaissait pas encore. Vrai ou pas, les faits sont têtus — les autres se faisaient cueillir à la sortie, elle était déjà à deux rues, assise sur un muret, à demander l’heure aux agents essoufflés. La nuit adore les gens sans dossier. Elle a signé sans lire, comme d’habitude.

Sa manière

Sur le trottoir, Puce est un courant d’air aimable. Elle circule, salue, disparaît, réapparaît côté impair, et son trousseau de rossignols tinte à son poignet comme un bijou dont personne ne demande la fonction.

Le plus utile chez elle ne se voit pas — c’est même le principe. Quand Puce est de l’équipe, l’équipe entière devient floue : les silhouettes se fondent, les noms s’oublient, les descriptions données au commissariat ne concordent jamais. Elle connaît les angles morts de chaque lampadaire et les distribue à ses collègues comme des places de théâtre. La poche revolver, dit-elle, c’est celle qu’on ne fouille jamais parce qu’on jurerait qu’elle est vide.

Ce qui la tient debout

Le rire, de préférence en douce. Puce ne résiste pas à une serrure fermée, un panneau d’interdiction, une poche boutonnée — pas pour prendre, souvent : pour laisser quelque chose. Des habitués du quartier retrouvent dans leur manteau des bonbons, des mots doux, une fois un citron entier, personne n’a compris. Ses heures creuses, elle les passe perchée à inventorier la rue : qui entre, qui sort, qui ment sur les deux. La marée peut monter tant qu’elle veut — les puces, ça saute au-dessus.

Son école

Âme de la Rue

L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

Dans la même cour