Les 243 filles

Platinum · Âme de la Rue

Pandore

Tout ce que la ville s’interdit finit dans sa boîte, et toute la ville fait la queue pour l’ouverture

« Ouvrir la boîte, c’était pas une bêtise. C’était une étude de marché. »
Pandore

D’où elle vient

Pandore a poussé sur les trottoirs de la Banlieue, entre les brocantes et les combines, avec pour tout héritage une boîte d’or ancienne qu’elle porte à la ceinture et qu’on ne lui a jamais connue fermée tout à fait. D’où vient la boîte, d’où vient la fille — les deux questions restent ouvertes, comme le couvercle. Ceux qui prétendent l’avoir connue petite se contredisent sur le quartier, l’année et jusqu’à la couleur de ses yeux ; elle encourage chaque version, par gourmandise. Ce qui est sûr : le jour où elle a soulevé le couvercle en public, la rue entière s’est mise à espérer des choses qu’elle n’aurait jamais osé formuler.

Sa manière

Elle travaille au ras du bitume, à l’ancienne : un coin de trottoir, un cercle de curieux, la boîte posée sur une caisse retournée. Ce qui en sort déclenche des frénésies — un parfum interdit, une rumeur, un objet qu’on croyait disparu — et les badauds se découvrent des générosités de grands soirs, tandis que les gens importants traversent la ville incognito pour venir voir de près. Elle laisse chacun repartir avec un peu moins d’argent et un peu plus d’appétit, et garde le fond de la boîte pour elle : l’espérance, article de luxe, se vend uniquement au détail.

Ce qui la tient debout

Tout est jeu chez Pandore, y compris le sérieux : elle organise sa vie comme une farce à tiroirs dont elle est la seule à connaître le dernier. Aux heures creuses, elle se glisse dans les endroits dont on lui a dit qu’ils étaient fermés — vernissages, arrière-salles, la cave de la Doyenne — pas pour voler, pour vérifier. Elle en ressort toujours avec un truc pour la boîte et un nom pour son carnet : la ville est pleine de talents qui s’ignorent, et elle adore présenter les gens à leur propre avenir.

Son école

Âme de la Rue

L’école de la rue enseigne une seule matière : les gens, en version non maquillée. Tenir un cercle de badauds avec deux gobelets et une histoire, lire une poche, sentir une embrouille trois minutes avant qu’elle arrive. On y gagne un instinct que rien ne remplace ; on y perd le goût du confort — le velours l’ennuie, elle trouve que ça sent le piège. On reconnaît une Âme de la Rue à ceci : elle compte la salle avant d’y entrer, connaît les deux sorties, et parle au videur comme à un cousin… qui lui doit un service.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

Dans la même cour