Les 243 filles

Bronze · Hôtesse d’Élite

Fifi

Là où elle passe, le bâtiment entier sourit — les loges, la salle, et jusqu’au videur qui se retient

« Un froufrou au bon moment vaut un discours. Deux froufrous, une augmentation. Trois, on ouvre le champagne. »
Fifi

D’où elle vient

Fifi est née dans les coulisses d’un grand cabaret parisien — au sens propre : sa mère était habilleuse, et le panier à couture a servi de berceau. Elle a grandi entre les portants de plumes et les jupons en attente de reprise, élevée par une revue entière : trente marraines en paillettes, un régisseur grognon pour parrain, et la gouvernante des salons du premier étage pour les manières — dans les grandes maisons, on tient le salon aussi sérieusement que la scène. À huit ans, elle connaissait le protocole d’un gala et le pas du french cancan. À dix-huit, la revue a fermé ; Fifi a emporté un pompon de marabout et l’essentiel : un cabaret, c’est une famille qui a le trac ensemble.

Sa manière

Le phénomène porte son nom dans plusieurs établissements : l’effet Fifi. Là où elle travaille, le moral monte — pas seulement le sien, celui des murs. Une mouche redessinée sur la joue d’une danseuse en larmes, un coup de pied de cancan dans un couloir gris, un surnom pour chacun, videur compris. Les soirs avec elle, les loges rient, la salle le sent, et la recette suit ; les soirs sans elle, tout le monde demande où elle est.

Formée aux salons, elle sait pourtant se tenir — c’est même son meilleur numéro : un quart d’heure de protocole impeccable, puis le clin d’œil qui avoue tout. Elle prend les nouvelles sous son aile à la façon des coulisses de son enfance : on apprend le maintien, la révérence, et tout de suite après, l’art de rire sans faire trembler son chignon. Sa limite est connue et pardonnée : quand un vrai orage éclate — un rideau qui menace, une dispute qui ne rit plus — Fifi disparaît dans un portant de costumes et attend que ça passe, entre deux boas.

Ce qui la tient debout

À quatre heures du matin, quand l’équipe pique du nez, Fifi épingle son pompon rose comme une cocarde et déclare ouverte la revue de nuit : trois pas de cancan entre les tables, distribution de surnoms inédits, et l’établissement repart pour une heure de rire. C’est sa manière de tenir la maison debout : par le moral, qui est selon elle la seule charge qui ne figure jamais aux comptes et rapporte le plus. Ses jours creux, elle raccommode — les costumes, et le reste : elle sait avant tout le monde qui broie du noir dans quelle loge. Son rêve tient en une phrase apprise d’une habilleuse : un cabaret à elle, petit, où le trac se partagerait en famille.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

La Farceuse

Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.

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