Bronze · Reine du Comptoir
Bloom
Un comptoir avec elle derrière, c’est un jardin qui sert à boire… et à tomber un peu amoureux
« Les fleurs se fanent. Les habitués, non. Je m’occupe des deux. »
D’où elle vient
Bloom vient d’une boutique de fleurs coincée contre les halles, levée à quatre heures pour le marché depuis l’âge du tabouret. Son père composait les bouquets, elle faisait les livraisons — dont celle du vendredi, à l’aube, pour un cabaret de la Rue de la Soif qui fleurissait ses loges. Un matin, la barmaid manquait ; Bloom a posé ses seaux, enfilé un tablier, et découvert que le comptoir est un métier de marché : les prénoms, les habitudes, les chagrins, l’art de transformer un inconnu en habitué. Elle a rendu le tablier à midi, il est revenu tout seul le vendredi suivant. Au bout d’un mois, le cabaret commandait les fleurs et la fleuriste.
Sa manière
Partout où Bloom travaille, ça finit par fleurir. Une tige dans le verre du client triste, une boutonnière pour le videur, un pétale sur le ticket de caisse. Ça a commencé comme une blague pour écouler les invendus du marché, puis c’est devenu sa marque : les endroits où elle passe respirent mieux sans que personne sache dire pourquoi, et l’équipe entière se surprend à sourire pour rien. Il faut dire qu’elle est solaire — un sourire de plein été qui fait traverser la rue aux passants.
Côté malice, le stock est vide : ses farces s’annoncent de loin, elle glousse déjà en cachant le bouquet piégé, et tout le monde joue la surprise par tendresse. Mentir, tricher, calculer — elle rougit avant la fin de la phrase. Son grand œuvre reste le bouquet final du samedi : toutes les fleurs de la semaine distribuées une par personne, et la salle entière rentre chez elle avec du pollen sur le col.
Ce qui la tient debout
À quatre heures du matin, quand les jambes lâchent, Bloom déclenche la bataille de pétales ou ressort l’histoire du client au chapeau, et l’équipe repart pour une heure. C’est sa méthode : tant qu’on rit, on tient. Le matin, elle retourne aux halles — pas pour les fleurs, pour les gens. Elle connaît tous les visages du marché et rabat vers la nuit ceux qui y feraient merveille, comme la poissonnière à la voix d’or, son plus beau bouquet à ce jour. Aux nouvelles du comptoir, elle apprend tout patiemment, prénom par prénom — c’est Peaches qui lui a montré la méthode. Son rêve : un bar-fleuriste, ouvert de la fermeture du marché à l’aube.
Son école
Reine du Comptoir
Le comptoir est une école de mémoire et de patience. On y apprend les prénoms, les commandes, les chagrins ; l’art de transformer un inconnu en habitué et un habitué en famille. On y apprend surtout à écouter — vraiment, en essuyant un verre, sans jamais avoir l’air d’attendre la fin. Ce qu’on y perd : ses soirées, et l’illusion que les gens sont compliqués. On reconnaît une Reine du Comptoir à ceci : elle essuie ce qui est déjà propre, se souvient de ta commande d’il y a deux ans, et ferme la caisse sans la regarder… pendant que tu la regardes, toi.
Son tempérament
La Farceuse
Elle glisse un faux cafard dans la caisse et un vrai fou rire dans l’équipe ; à quatre heures du matin, c’est elle qui tient tout le monde debout… et le Boss un peu sur les nerfs, dans le bon sens.



