Les 243 filles

Bronze · Hôtesse d’Élite

Astrid

Le salon pétille, elle inventorie ; quand elle repose sa coupe, quelqu’un a déjà eu tort

« Je ne suis pas froide. Je suis à température de service. »
Astrid

D’où elle vient

Astrid a grandi tout au nord, dans un palace posé entre deux fjords, où sa mère tenait la lingerie et l’argenterie. Son premier métier fut de compter : les fourchettes, les clés, les bouteilles de la cave, les promesses des clients de la suite royale. Quand le palace a fermé, elle est descendue vers le sud avec une valise, deux boucles d’oreilles taillées comme des stalactites et une certitude : tout ce qui brille se compte, et tout ce qui se compte finit par manquer à quelqu’un.

Sa manière

Elle travaille dans les salons où l’on parle bas et où l’on dépense fort. Debout près des VIP, coupe à la main, elle ne cille jamais : elle compte. Les sorties, les verres, les mains baladeuses, les allers-retours vers le vestiaire. On la croit décorative ; elle est comptable de la soirée entière, et son relevé vaut plus cher que celui de n’importe quelle guetteuse de la ville.

Rien ne fond sous son regard, et surtout pas les excuses. Quand une fille de la Maison dérape, Astrid n’élève pas la voix : elle pose sa coupe, incline la tête d’un demi-degré, et la soirée se remet d’équerre toute seule. Les habitués des salons ont un nom pour ça, le coup de givre. On ne sait pas si c’est de la discipline ou de la météo, et personne n’a très envie de vérifier.

Ce qui la tient debout

Son flegme n’est pas une armure, c’est un climat. Astrid dort peu, nage dans l’eau froide du port avant l’aube, repasse ses robes colonne comme on affûte un outil. Rien ne l’impressionne, parce qu’elle a déjà tout inventorié, y compris le pire. Si un jour la Maison a besoin d’yeux qui ne clignent pas sur un toit du Centre-ville, elle prendra la garde sans poser une seule question — et rendra un rapport si précis qu’on jurera qu’elle a vu la scène de l’intérieur.

Son école

Hôtesse d’Élite

L’école des salons enseigne le protocole comme un art martial : la durée exacte d’une poignée de main, le silence qui vaut une question, la façon de refuser un verre sans refuser la personne. On y apprend les codes des gens qui possèdent des étages entiers ; on y perd la spontanéité, rangée quelque part avec les vieilles baskets. On reconnaît une Hôtesse d’Élite à sa posture — le dos raconte l’école avant la bouche — et à ceci qu’elle ne demande jamais deux fois : la première suffit. La deuxième, c’est la facture.

Son tempérament

La Cool

Elle a vu brûler deux clubs et un mariage sans poser son verre ; à quatre heures du matin, c’est elle qui note l’heure et demande si on rejoue… ou si on rentre ensemble.

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