Les 243 filles

Platinum · Créature de la Nuit

Astarté

Les tempêtes ont changé de forme, pas les prières : on l’invoque toujours avant de se jeter dans la nuit

« On m’a suppliée sur des ponts de navires, on me supplie sur des pistes de danse. J’encaisse les offrandes d’avance, c’est ma seule modernité. »
Astarté

D’où elle vient

Elle est descendue d’un cargo sans nom de port, un croissant d’or au front et pas un bagage, et les dockers les plus vieux se sont découverts sans savoir pourquoi. L’un d’eux jure l’avoir déjà priée, jeune mousse, une nuit de tempête où le bateau aurait dû couler et n’a pas coulé ; on lui répond qu’il boit, il répond qu’il buvait déjà à l’époque et que ça ne l’a jamais fait prier personne d’autre. Elle, quand on l’interroge sur ses origines, sourit comme on ferme un temple : poliment, et de l’intérieur.

Sa manière

Astarté officie là où la nuit chauffe le plus fort : pistes bondées, clubs en sous-sol, heures où l’on danse pour oublier qu’il y a un lendemain. Les fêtards la repèrent de loin — la crinière poudrée d’or, la ceinture d’étoiles — et quelque chose d’ancien se déclenche : ils donnent tout, avec la ferveur de gens qui remercient plutôt qu’ils ne paient.

Chaque nuit passe ainsi du statut de soirée à celui de culte, et chaque culte laisse une recette de pèlerinage. Elle circule ensuite dans les fêtes qu’elle n’organise pas, glisse d’un carré VIP à l’autre sans invitation, et repart chaque fois avec un numéro, un prénom, une fidèle de plus. On n’infiltre pas mieux qu’une divinité de passage : personne n’ose lui demander qui l’a fait entrer.

Ce qui la tient debout

Elle a la mémoire longue de celles qui ont déjà eu des temples et l’appétit intact de celles qui les veulent de nouveau. Son ambition ne se cache pas : reconquérir, ville par ville, tout ce que les siècles lui doivent — ou tout ce que sa légende prétend, ce qui revient au même en termes de chiffre d’affaires. Aux heures mortes, elle monte sur les toits regarder l’aube en ennemie cordiale, et note dans un carnet les visages croisés la veille : elle repère les talents comme les marins repéraient les étoiles, pour savoir vers quoi ramer.

Son école

Créature de la Nuit

L’école du dancefloor n’a pas de manuel : elle a un tempo. On y apprend à lire une salle comme une météo — quand elle monte, quand elle cale, quand il faut couper les basses pour la faire redemander. On y apprend à disparaître dans un stroboscope et à réapparaître exactement où on veut. Ce qu’on y perd : les matins, définitivement, et un peu la notion de semaine. On reconnaît une Créature de la Nuit à ses lunettes noires à quatre heures du matin — pas par pose : par prescription. Et au fait que le cash suit le beat.

Son tempérament

L’Ambitieuse

Elle lit l’affiche de haut en bas, s’arrête à son nom, demande qui est au-dessus ; ce n’est pas une question, c’est un préavis… et un flirt avec le sommet.

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